Publié par - Twim'O Team
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on - il y a 3 heures -
Classé dans - Jardinage et Paysagisme -
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<p>Sur les étals des jardineries, elle fait partie des premières à attirer l'oeil : tiges fines, bouquets orange et rouges, étiquette prometteuse vantant une "fleur à papillons". L'asclépiade tropicale, Asclepias curassavica, est devenue une star des massifs en climat doux, souvent présentée comme un geste simple pour sauver les papillons monarques en déclin.</p> <p>Cette plante vivace gélive, cultivée comme annuelle dans de nombreuses régions, offre une floraison très longue et demande peu de soins. Des atouts qui séduisent, mais qui inquiètent aussi les écologues : sa présence permanente dans certains jardins pourrait perturber la migration des monarques et favoriser un parasite qui les affaiblit. Un joli décor qui cache peut-être un vrai problème.</p> <h2>Asclépiade tropicale : une fleur annuelle adorée, pas toujours idéale pour les monarques</h2> <p>Originaire des régions tropicales d'Amérique, l'<strong>asclépiade tropicale</strong> n'est pas une espèce indigène en Amérique du Nord. Elle est pourtant largement vendue comme plante nectarifère, car les papillons adultes y butinent volontiers et, surtout, parce que les chenilles de papillon monarque ne se nourrissent que d'une seule chose : les asclépiades. Aux États-Unis, on compte plus de 70 espèces natives qui soutiennent ces insectes pendant leur saison de reproduction estivale.</p> <p>Dans un paysage resté naturel, les asclépiades locales sèchent et disparaissent à l'automne. Ce recul de la ressource en nourriture indique aux générations de fin de saison qu'il est temps de migrer vers le sud. Quand une plante comme Asclepias curassavica reste verte et fleurie dans les zones au climat doux où le gel ne la détruit pas, les monarques peuvent être tentés de rester et de pondre sur place au lieu de partir.</p> <h2>Migration des papillons monarques : quand l'asclépiade tropicale brouille les repères</h2> <p>Ce décalage entre le cycle de la plante et celui de l'insecte inquiète les spécialistes. Des observations montrent que les monarques qui trouvent de l'<strong>asclépiade tropicale</strong> disponible toute l'année ont tendance à rester sur place, à se reproduire alors qu'ils devraient entrer en pause migratoire, et à former de petites populations sédentaires. Des comportements qui les exposent davantage aux aléas climatiques locaux et à des concentrations plus élevées de maladies.</p> <p>Un autre point sensible concerne le parasite Ophryocystis elektroscirrha, souvent abrégé en OE. Cet organisme se développe sur les feuilles et peut être transmis d'une génération de monarques à l'autre. On craint que la présence continue d'asclépiade tropicale, dans les régions chaudes où la plante reste persistante, favorise l'accumulation de ce parasite sur les feuilles. Les papillons infectés présentent alors des déformations et une durée de vie plus courte, ce qui réduit leurs chances de mener à bien la migration.</p> <h2>Quelles alternatives à l'asclépiade tropicale pour vraiment soutenir les monarques</h2> <p>Tout le monde n'est pas d'accord sur l'ampleur exacte de ces effets. Certains experts soulignent qu'il n'y aurait pas assez d'<strong>asclépiade tropicale</strong> plantée pour, à elle seule, faire chuter les populations de monarques, et des travaux complémentaires restent nécessaires pour mesurer précisément son impact. Beaucoup d'organismes de conservation estiment tout de même que le risque ne vaut pas la peine d'être pris. Le conseil qui revient le plus souvent est simple : privilégier les espèces d'asclépiades natives adaptées à sa région.</p> <p>Il existe en Amérique du Nord un large choix d'espèces locales, comme Asclepias californica en Californie ou Asclepias viridis dans la partie centrale et orientale des États-Unis. Une étude publiée dans la revue <em>Frontiers in Ecology and Evolution</em> a montré que l'asclépiade commune (Asclepias syriaca) et l'asclépiade des marais (Asclepias incarnata) accueillent davantage d'oeufs de monarques. En misant sur ces asclépiades natives et en les laissant suivre leur cycle naturel, le jardin devient un refuge qui accompagne les rythmes des papillons au lieu de les bouleverser.</p> <meta name="original-source" content="https://monjardinmamaison.maison-travaux.fr/mon-jardin-ma-maison/cette-fleur-a-papillons-que-vous-plantez-pour-les-aider-pourrait-en-realite-mettre-en-danger-les-monarques-529568.html" /><meta name="syndication-source" content="https://monjardinmamaison.maison-travaux.fr/mon-jardin-ma-maison/cette-fleur-a-papillons-que-vous-plantez-pour-les-aider-pourrait-en-realite-mettre-en-danger-les-monarques-529568.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />